La scutigère véloce est souvent l’objet d’alarmes sur les réseaux sociaux lorsqu’une photo montre un spécimen semblant « géant ». Avant de céder à la panique, il est utile de connaître quelques éléments simples d’identification, d’évaluer le risque réel pour les personnes et les animaux, et d’apprendre des gestes pragmatiques pour capturer ou éloigner l’insecte en toute sécurité.
Description et critères pour reconnaître la scutigère
La scutigère véloce est un arthropode allongé aux pattes très longues et fines, dont la silhouette paraît rapide et fragile. Les caractéristiques les plus fiables pour la reconnaître sont :
- Corps allongé, comprimé latéralement, généralement beige à brun clair avec des bandes longitudinales plus foncées.
- Environ quinze paires de pattes (les pattes postérieures sont plus longues et fines que les antérieures).
- Antennes longues et mobiles, souvent confondues avec des pattes sur des photos floues.
- Taille habituelle du corps (sans les pattes et antennes) : environ 2,5 à 8,5 cm selon l’individu et la mesure (la longueur maximale citée inclut parfois les pattes ou une posture allongée).
Les signalements « géants » proviennent fréquemment d’illusions d’optique, de la perspective, ou de l’absence d’échelle dans la photo. Une antenne ou une patte tendue peut doubler visuellement la longueur perçue. Il arrive aussi que d’autres arthropodes (comme certaines espèces de scolopendres) soient confondus avec la scutigère.
Comportement et habitat
La scutigère apprécie les endroits sombres et humides, près des sources de chaleur et d’humidité : salles de bains, buanderies, caves, sous les plinthes ou dans les cartons. Elle est principalement nocturne et se nourrit d’insectes (mouches, araignées, cafards). Elle est rapide et préfère fuir plutôt qu’attaquer.
Niveau de danger pour l’humain et les animaux domestiques
Le venin de la scutigère est destiné à immobiliser ses proies et est peu actif sur l’humain. Les morsures sont rares et surviennent surtout si l’insecte est coincé contre la peau (par exemple, si on l’écrase involontairement). Les symptômes typiques d’une morsure chez un adulte sain sont une douleur localisée, parfois une rougeur ou un léger gonflement, et parfois des démangeaisons. Les réactions systémiques graves sont exceptionnelles mais possibles chez des personnes très allergiques.
Que faire en cas de morsure
- Nettoyer la zone avec de l’eau et du savon.
- Appliquer une compresse froide pendant 10 à 15 minutes pour réduire la douleur et l’enflure.
- En cas de démangeaisons importantes, un anti-histaminique oral peut aider (si la personne en a l’habitude et sans contre-indication).
- Surveiller 24 heures l’apparition de signes de réaction allergique : difficulté à respirer, gonflement du visage ou de la gorge, éruption étendue. Si ces signes apparaissent, appeler immédiatement les secours.
- Consulter un médecin si la douleur s’intensifie, si l’inflammation s’étend ou si des signes infectieux apparaissent.
Capture et éloignement sans danger
Pour enlever une scutigère en évitant de la tuer ou d’exposer enfants et animaux, procédez calmement :
- Munissez-vous d’un récipient rigide transparent (bocal, pot) et d’une feuille de carton.
- Approchez lentement, placez le récipient sur l’insecte, puis glissez la feuille de carton sous le récipient pour enfermer la scutigère sans la toucher.
- Fermez le récipient et relâchez l’animal à l’extérieur, loin des ouvertures de la maison.
Évitez d’écraser l’insecte à mains nues ou d’utiliser des insecticides à l’intérieur sans raison : ces produits peuvent être dangereux pour les occupants et n’apportent pas toujours une solution durable.
Prévention et réduction des rencontres
Quelques mesures pratiques réduisent les probabilités de voir des scutigères à l’intérieur :
- Réduire l’humidité : ventilation, déshumidificateurs, réparer les fuites.
- Calfeutrer fissures et interstices autour des portes, fenêtres et canalisations.
- Éviter l’accumulation de cartons, papiers et piles de vêtements dans les pièces humides.
- Éclairer et aérer régulièrement les placards et plinthes.
Vérifier un signalement et sources fiables
Pour trancher si une photo montre réellement un spécimen surdimensionné, demandez une nouvelle photo avec un objet d’échelle (règle, pièce, téléphone) et, si possible, la photo en haute résolution avec métadonnées. Les bases de données naturalistes comme iNaturalist, GBIF, ou les sociétés entomologiques locales sont d’excellentes ressources pour identifier correctement l’espèce. En cas d’infestation réelle, un professionnel de la lutte antiparasitaire pourra évaluer la situation et proposer une réponse adaptée.
La scutigère véloce peut surprendre par son apparence mais reste rarement dangereuse. La meilleure attitude est l’observation calme, la documentation (photo avec échelle), les gestes simples pour capturer et relâcher l’animal, et des mesures de prévention pour limiter les rencontres. En cas de morsure bénigne, les soins locaux suffisent, et en cas de réaction sévère il faut contacter les services médicaux. Vérifier les sources et éviter la diffusion hâtive de photos sans échelle aide à réduire la désinformation et les inquiétudes inutiles.





