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Voir la version complète : La pomme



Sand2Bx
21/09/2011, 10h15
D'après André Leroy *

Le pommier est cité à plusieurs reprises dans la Bible, notamment comme arbre de la connaissance du bien et du mal, puis dans le Cantique des Cantiques (II-2, IV-13, V-1, VIII-5), on ne peut affirmer de manière certaine qu'il s'agisse de notre malus communis.

Le pommier est un arbre spontané en Europe, qui a été cultivé et amélioré au fil des siècles pour en multiplier les variétés sur place.

Homère cite le pommier et Théophraste en 287 avant J-C. en mentionne 6 sortes. Le pommier est l'arbre national de la Grèce antique.

On recense 26 variétés de pommes chez les romains (Caton, Pline), mais les botanistes du XV° n'en citeront qu'une douzaine (invasions barbares ?)

La loi salique (V° siècle) parle des pommiers et dans les domaines de Charlemagne on parle de plants de pommiers, de fabrication de cervoise, cidre et poiré. 7 différentes sortes de pommiers sont mentionnées : de Grosmaringen, de Goldingen, les Crevedella, les pommes odorantes, les pommes douces, les pommes acides et les pommes précoces.

De 1000 à 1300, les nobles et le clergé de Normandie plantent et font planter des pommiers, autorisant l'arrachage de forêts pour y faire des pépinières. Les pommes peuvent même servir de monnaie (bourreau).

C'est le fruit le plus apprécié au Moyen Âge. On en connaît environ 40 variétés. Jean Bauhin en décrit 18 nouvelles vers 1600, Olivier de Serres 32 en 1600 aussi, Le Lectier en cite 35 nouvelles dans son catalogue de 1628.

A partir de la fin du XVI° siècle, les classes riches dédaignent la pomme pour la poire, Le Lectier par exemple recense en tout 68 variétés de pommes contre 260 de poires !

Jean de La Quintinie, favori de Louis XIV contribua beaucoup au dédain de la pomme, il ne planta en effet que 7 variétés de pommes au verger de Versailles. Tous voulurent mettre en pratique ses conseils et partagèrent ses goûts.

« Les poiriers, les pêchers furent trop exclusivement ses arbres de prédilection. Il s'appliqua constamment à s'en procurer de nouvelles variétés, puis à les propager par toute la France. Car si grande était sa passion pour l'arboriculture et le jardinage, qu'il eût voulu parcourir nos provinces afin d'y réformer les procédés vicieux dont une routine séculaire usait aveuglément, et d'y substituer les siens, que le succès recommandait. Aussi, quand on le consultait sur la tenue d'un jardin, sa rude franchise faisait-elle souvent des mécontents. Jamais il ne vit de sang-froid un enclos mal distribué, mal cultivé. Les critiques, les conseils, en ce cas, lui coûtaient peu. Quelquefois il alla jusqu'aux actes. Comme ce jour où sur ses ordres on refit de fond en comble, et de vive-force, le jardin par trop primitif d'un personnage auquel il portait amitié. [...] Il n'en estimait que sept variétés [...] : la Reinette grise, la Reinette franche, la Calville rouge d'Automne, les Fenouillet et Court-Pendu gris, l'Api et la Violette.»2

Malgré ce parti-pris contre la pomme, les variétés appréciées depuis le Moyen Âge continuèrent de le rester dans les campagnes, en revanche les jardiniers passionnés ne cherchèrent pas à obtenir de nouvelles variétés comme ils le firent avec succès pour les poires durant deux siècles. La Quintinie a essayé de mener le pommier en espalier, mais n'a pas été imité. On connaît alors trois porte-greffes : le franc, le paradis et le doucin.

La pépinière des Chartreux, « déménagée » en 1792 pour former l'École d'instruction publique établie au Jardin National de Paris fournit 406 arbres, soit 2 spécimens de 203 variétés d'arbres fruitiers dont 32 de pommiers. En 1802 on créa la pépinière du Luxembourg et le jardinier des Chartreux peut continuer son œuvre en donnant de l'émulation aux pépinières départementales et particulières, faisant distribuer des conseils pour la formation de jeunes arbres et distribuant des sujets sains de fruits « perfectionnés »3

Le XIX° siècle voit un regain d'intérêt pour la culture de la pomme et le nombre des variétés augmentera rapidement : importations des États-Unis et de Belgique notamment, à partir de 1850, c'est une véritable inflation de variétés nouvelles. Entre 1856 et 1875, André Leroy fait venir d'Angleterre, des États-Unis, d'Allemagne et de Russie 150 variétés, il dit d'autre part que ses essais avec des variétés venues d'Algérie sont infructueux.

Les expositions et les échanges nombreux sous Napoléon III ont fait des émules : le jardin fruitier de la Société d'Horticulture de Londres présente environ 1000 pommes, 1852 sont répertoriées aux États-Unis, 1250 en Allemagne !

1 Dictionnaire de Pomologie contenant l'Histoire, la Description, la Figure des fruits anciens et des fruits modernes les plus généralement connus et cultivés. Édité à Angers chez l'auteur, 1867. Tome III.

2 Cf. pp. 26-27.

3 Cf. pp. 32-33.

*André Leroy (né le 30 août 1801 à Angers, mort en 1875) est un pépiniériste angevin.
Issu d'une grande famille de jardiniers, il reprend la direction de l'exploitation familiale en 1822. A sa mort, son entreprise emploie 300 ouvriers sur 200 hectares de plantation. Il fait des établissements André Leroy la plus importante pépinière d'Europe. La pépinière Leroy sera rachetée en deux fois, (1910 et 1930) par l'horticulteur René Levavasseur.
En 1859, André Leroy à la charge d'élaborer un jardin sur le mail d'Angers. Le 15 mai 1859 le nouveau jardin ouvre au public. Le jardin du mail devient rapidement un des lieux les plus fréquentés de la cité angevine1.
En 1866, André Leroy commence une grande encyclopédie arboricole en six volumes, le Dictionnaire de pomologie, qui sera terminée après sa mort, en 1879, par Bonneserre de Saint-Denis; les tomes 1 et 2 sont consacrés aux poires (915 variétés), les 3 & 4, aux pommes (571 variétés), le 5 aux abricots et aux cerises et le tome 6, aux pêches.

Thomdom
21/09/2011, 14h10
En parlant de pommes : http://www.croqueurs-de-pommes.asso.fr/fr/accueil/historique/html
Je l'aime beaucoup cette assos car créée à 4 km de chez moi par des gens que je connaissais.

Sand2Bx
21/09/2011, 14h37
Effectivement, ce sont des passionnés et ils ont des 'antennes' partout en France. :)

MonJardin
21/09/2011, 16h22
J'ai vu l'album " Pommes " on en salive !

Sand2Bx
21/09/2011, 16h31
Il y a encore une quinzaine de variétés à découvrir, ce sera fait dans les prochains jours. J'ai mis un an à sortir les photos.. :D

Jojoestdanslejardin
22/09/2011, 09h00
Il est très intéressant cet article. Merci Sandy. :)

Sand2Bx
22/09/2011, 10h52
Un petit rappel du vocabulaire lié au fruit et tiré des Croqueurs de Pommes (merci à Jean LEFEVRE et Georges Gueutal).
:

Pomologie: (pomum :fruit) Partie de l’agronomie qui traite des fruits mais plus particulièrement des fruits à pépins et donc, science des fruits, et nom des pommes !
Eve a mangé le « pomum » c’est-à-dire le fruit (défendu).
Pour les drupes à noyaux, on pourrait dire drupologie.

1. LE FRUIT

Acuminé (lat.) : qui se termine par une pointe effilée. C’est un terme de botanique qu’on utilise dans la description des pépins, noyaux ou akènes.
Aigrette : (du provençal « aigreta » : héron) Bouquet de poils au sommet de certains fruits.
Akène (m)( du gr. Khainein : s’ouvrir) : fruit sec indéhiscent (qui ne s’ouvre pas à maturité : ex. la noisette) à une seule graine.
Alternance : Irrégularité de la production selon les années. Un arbre qui n’alterne jamais présente un caractère discriminant intéressant. Bien que génétique l’alternance peut être modifiée par la taille et l’éclaircissage.
Bosselé : Voir cuvette oculaire.

Calvillée : Se dit d'une pomme qui présente des côtes marquées du coté cuvette oculaire comme les pommes appelées Calvilles
Caractères discriminants : (séparer, distinguer) :caractère remarquable d’un fruit, détail qui le caractérise. Par ex. la couture en relief de la Winter Banana, la trace verticale grise de la poire de Curé, la chair rouge ou rose, les pépins « libres » (Grelot, Sonnette etc.)
Caractères végétatifs : (voir à la fin).
Carpelle : (karpos : fruit) élèment de la fleur qui porte les ovules. La cerise ne possède qu’un carpelle, la pomme en possède 5 . Ceux-ci sont soudés ensemble et forment le pistil.
Chair: (latin caro et carnem, attiré par « chère », bonne chère, bon visage) mésocarpe en botanique. La chair des fruits est constituée de grosses cellules gorgées de sucres et d’acides organiques. De nombreuses variables (tendre, ferme, juteuse, farineuse, sucrée, acide, amère etc.) permettent l’identification, sans parler de la saveur plus subjective mais à explorer.
Côtelé : (voir cuvette oculaire)
Couleur : On distingue la couleur de fond de la couleur de recouvrement, ou couleur secondaire, d’ailleurs la plus voyante et la plus distinctive. On doit décrire le fruit à maturité car sa couleur varie. La couleur de fond est souvent jaune ou verte (chez les pommes ou poires). Le recouvrement peut être strié ou lavé. Il comporte du russeting (roussissure) ou du liège (rugueux au toucher). Marlaud ne distingue pas moins de 150 variations dans la notation de la couleur.
Coupe équatoriale : coupe horizontale d’un fruit selon l’équateur.
Coupe méridienne : Coupe verticale, faite selon un méridien. On distingue alors les faisceaux carpellaires.
Ces deux coupes permettent de distinguer les différents faisceaux (pétalaires et sépalaires,) et leur couleur.
Cul : Voir « Cuvette pédonculaire » et « Œil ». Selon les régions le « cul » est soit la cuvette de l’œil, soit la cuvette du pédoncule (Bretagne par ex.).
Cuticule : (petite peau), pellicule fine, épaisse, dure ( ’pomme « Peau de vache »), résistante, fragile. = épicarpe en botanique.
Cuvette oculaire (œil) :Ne pas confondre la cuvette de l’œil (couronne) et son ouverture (voir œil). La largeur de la cuvette se mesure au pied à coulisse mais on rapporte cette mesure à la taille du fruit. Il faut noter sa profondeur (les fruits allongés sont souvent sans cuvette, l’œil est à fleur de peau) et son aspect : les côtes ( bosses qui se prolongent sur toute la hauteur du fruit, au nombre de cinq plus ou moins marquées), le ou les mamelons (bosse souvent unique et caractéristique comme celle de la De Flandre). La couronne peut être unie (sans aspérités). On peut noter encore la forme de la cuvette (en cratère, en cuvette).
Cuvette pédonculaire : (ou bassin) Mêmes remarques que précédemment mais pas de côtes ni de mamelons sauf caractère discriminant (voir gibbosité). Pour les cerises et prunes à cuvettes peu profondes, on note qu’elle peut ou non retenir l’eau.
On doit noter encore le russeting dans la cuvette pédonculaire, abondant ou non, et en définir la couleur, chose délicate.
Détermination = identification (idem= de même) : Donner ou retrouver une identité. Les pomologues avertis observent les caractères déterminants (pépins, enveloppe, chair, peau, pédoncule, œil, mais encore feuilles, rameaux, branches, arbre, sol, climat, ciel peut-être !). Mais un pomologue plus averti distingue tout de suite le caractère discriminant (voir ci-dessus). Comme quoi la pomologie est une longue connivence avec les fruits.
Discriminant (séparer, distinguer) : caractère remarquable d’un fruit, détail qui le caractérise : la couture en relief de la Winter Banana, la trace verticale grise de la poire de Curé. Comme pour les visages ou les silhouettes, une longue habitude des fruits permet de les reconnaître au premier coup d’œil (Auberive, De Lestre, De Flandre etc.)
Drupe (pulpe) : fruit charnu dont l’endocarpe lignifié forme un noyau.
Échantillon : Pour déterminer un fruit il est nécessaire d’avoir une quantité minimum de fruits de la variété faute d’avoir le fruit parfait, typique et qui n’existe pas. 4 à 5 fruits moyens sont au minimum nécessaires.
Endocarpe (endo :dedans, carpe :fruit) : partie interne du fruit.
Épiderme : peau (sa surface, voir cuticule). L’épiderme d’un fruit peut être lisse, rugueux, liégeux, pruiné, brillant, mat, gras, huileux (voir aussi couleurs).
Forme : pour la forme des poires, pommes, cerises ou prunes, voir « Eléments d’analyse pomologique ». Dans les fiches descriptives, on se doit d’utiliser les 11 termes retenus par l’AFCEV. Quelques termes -Oblong : rectangulaire ou plus long que large -Tronconique : cône dont le sommet est coupé -Biovoïde (2 œufs) (Pomme Citron) - Piriforme : en forme de poire.
Gibbosité : (du latin gibba : bosse). Excroissance ou saillie de la chair du fruit en général au bord de la cuvette pédonculaire. (ex. Cul Noué de Bretagne, Couard de l’Aube)
Glandes foliaires : Les glandes foliaires sont des organes globuleux, parfois colorés, pouvant secréter une substance particulière. Elles peuvent être disposées sur le pétiole ou sur le limbe de la feuilles, mais peuvent parfois coexister. Les Glandes pétiolaires sont généralement plus grandes que les limbères.
Lenticelles : (lentille) voie d’aération chez les végétaux (pores). Sur le fruit ce sont des points ( picture, ponctuation, tache, piquetage). Étudier leur grosseur, leur coloration, leur densité, leur place. Sont -elles auréolées (entourées) de blanc, vert ou marron. Sont-elles en relief (Michelotte) Ex. grosses lenticelles étoilées nombreuses de la Rtte Etoilée, de la Granny Smith ou de la Rtte blanche du Canada.
Lilacé : couleur du lilas. Lilial : de la blancheur du lis.
Mamelonné : (mamelle) Voir cuvette.
Nectaires : (nectar :breuvage des dieux) glandes secrétant le nectar(Nectarifères). On les trouve généralement et le plus souvent à la base des pièces florales (pétales) où ils attirent les insectes pollinisateurs. Parfois il existe aussi des nectaires qui peuvent être extra-floraux et se situer sur le pétiole des feuilles d’arbres à noyau (Glandes foliaires). Leur étude est importante dans le cas du pêcher et parfois du cerisier.
Noyau (nucalis= noix) Il adhère ou non à la chair. Décrire ses arêtes, ses flancs (rebondis ou aplatis), sa forme (ovoïde, lenticulaire, aplatie…), sa dureté, son contenu.
Œil : (oculus-ocelle), on dit aussi ombilic ou cul selon les régions (Cul-de –chien, Cul d’oison, Cul noir). C’est le côté opposé au pédoncule, le débris de la fleur dont on voit encore souvent les sépales (voir cuvette). L’œil est ouvert quand les sépales sont largement repliés vers l’extérieur, sinon il est clos. Entre les deux, l’œil est mi-clos. La position et la forme du sépale peuvent être des caractères discriminants. Cette notion d’ouverture tellement variable sur un même fruit est en voie d’abandon par certains descripteurs.
Les Bretons nomment « cul » la cuvette pédonculaire tandis que l’œil est appelé « mouche » : ex. Mouche Creuse.
Onglet : (lat. ungula= ongle) Le terme est employé en géométrie, en imprimerie, en boucherie et en menuiserie. Mais en botanique il signifie à la fois la partie du pétale ou du sépale qui loge dans le calice ainsi que l’entaille qu’on pratique sur un végétal à l’aide de l’ongle. Les greffeurs donnent le nom d’onglet à la partie restante du porte-greffe, partie qui doit être supprimée après reprise de la greffe ou utilisée comme tuteur...

Sand2Bx
22/09/2011, 10h53
...
Pédoncule (du bas latin) : Mot à préfèrer dans les fiches descriptives. Appendice de la fleur et du fruit. On peut dire « queue » sans remords puisque pédoncule en bas latin veut dire queue. Le pédicelle est, soit la division du pédoncule, soit un pédoncule très fin.
En Bretagne, le pédoncule est appelé « pied » d’où les nombreux fruits comportant ce mot : Pied de Loup, Gros Pied etc.
Picture : (pic ou peinture ou déformation de tiqueture (petite tache)?) piquetures, points (voir lenticelle).
Point pistillaire : se dit pour les fruits à noyau. C’est la cicatrice du pistil en pointe ou en légère dépression qui se trouve du côté opposé au pédoncule.
Pruine (pruina :gelée blanche) : matière cireuse, blanchâtre recouvrant certains fruits. Le mot prune vient-il de pruine ou pruine de prune ?
Russeting : (lat. russus, roux, en anglais rouge-brun). Roussissure parfois liégeuse qui caractérise certains fruits. Pour certains auteurs, le russeting est une réaction du fruit face à une agression. En 2003 , de nombreux fruits possédaient un gros cerne de russeting autour de l’œil (gelée d’avril ? Mauvaise pollinisation ?)
Sépales: (enveloppe) le sépale (5 chez les rosacées) est souvent vert. Les sépales sont placés sous les pétales, en alternance.
Sillon: ( du gaulois selj= mesure de terre). Chez les fruits à noyau, le sillon vertical est plus ou moins large ou profond.
Stipules : Les stipules sont des éléments faisant partie de la feuille. Elles sont au nombre de deux et ressemblent généralement à de toutes petites feuilles. Elles sont situées à la base du pétiole de part et d'autre de celui-ci. Note : stipule est un nom féminin.

Variété : dernier volet de la classification des plantes. La pomme est une espèce, la Reinette Baumann est une variété.
Exemple de classification (les classifications ont changé au cours des années, celle-là semble la plus récente et les botanistes s’occupent à trouver des classifications irréprochables).

Variété : Jolibois.
Espèce : pommier.
Genre : malus. (Il y a 30 espèces de malus dans le monde dont notre malus communis). On peut aussi classer pommiers, poiriers et cognassiers dans les malacées, pruniers et pêchers dans les amygdalacées (en forme d’amande).
Famille : rosacées (qui comprend presque tous les arbres fruitiers d’Europe et les rosiers).
Ordre : rosales.
Classe : rosidae, dialypétales (à pétales séparés) et dicotylédones (2 cotylédons dans le pépin)
Embranchement : angiosperme (ovule enfermé dans l’ovaire))

2. Caractères végétatifs:

La végétation de l’arbre mérite d’être observée si on veut recueillir des indices supplémentaires caractéristiques.
Le bois est faible ou fort. Les rameaux, rares, nombreux, étalés, érigés, courts, longs, grêles, gros, droits, coudés, lisses…
Notez-en la couleur. Les lenticelles (voir pour le fruit). Les yeux ou bourgeons, petits, gros, glabres, cotonneux, collés sur l’écorce ou dressés (détachés en tout cas), les écailles (couleur, forme).
Les feuilles, petites, grandes, larges, étroites, acuminées, dentelées, crénelées, planes, en gouttière, épaisses, feutrées, voir dessus, dessous, nervures, dents…Pétiole, cannelé, court, fin, possède ou non des stipules (très visibles sur le cerisier) où ? combien ? Pétales et sépales, couleur, forme, place.
La floraison, l’alternance, la sensibilité aux maladies, l’aspect de l’arbre (basitonie (branches à la base), mésotonie (branches également réparties), acrotonie (branches en haut), le port de l’arbre qui prend note de l’angle de ramification (port dressé, érigé (api rose, De l’Estre) ou étalé à pleureur (Reinette Abry, Elisa Rathke). Restent encore d’autres caractères comme l’entre-nœud ou mérithalles et la pubescence qui comme chez l’adolescent indique la présence de poils duveteux.

Corymbe: (en grec: sommet): grappe de fleurs dont les pédoncules partent de points différents, mais s’étalent sur un même niveau (poirier, prunier). Dans le cas de l’ombelle (umbella : parasol), les pédoncules partent du même point terminal. Le trochet est appelé fausse ombelle.
Coussinets (coxa = cuisse) : sur le rameau.
Éclaircissage: diminution naturelle ou artificielle des fleurs ou des fruits (chute physiologique des fruits par ex.) L’éclaircissage peut être manuel ou chimique. En diminuant le nombre final de fruits, on augmente leur grosseur et l’on permet une meilleure récolte l’année suivante.
Ecorce : ( Chrétien de Troyes, 1176/ manteau de peau). Chaque variété à une écorce particulière. Elle peut être lisse, rugueuse, gercée ou plus ou moins profondément sillonnée et de couleurs différentes . Attention , n’examinez pas l’écorce de l’intermédiaire !
Floribondité : (fleur) Importance plus ou moins grande de la floraison.
Foliole : Division du limbe d‘une feuille composée mais surtout (pour le pomologue), petite feuille attachée au pédoncule d’un fruit.
Intermédiaire : variété greffée entre le porte-greffe et la variété finale. Elle est choisie pour sa régularité, sa droiture, sa beauté.
Mérithalle ou entre-nœud : distance entre deux bourgeons, très variable selon les variétés.
Nectaire (nectar :breuvage des dieux) : glande secrétant le nectar. On trouve ces glandes sur le pétiole des feuilles d’arbres à noyau. Leur étude est importante dans le cas du pêcher. On les rencontre aussi sur les feuilles (Glandes foliaires).
Nouaison (ou nouure-- nœud) Passage du stade fleur au stade fruit.
Noyau : Enveloppe contenant l’amande (lat. amygdala) qui est la graine des fruits monostyles ou monospermes (châtaigne, noix).
Pépin (orig.inconnue) : Graine des malus, pirus ou cydonia(coings). Les rosacées ont 5 carpelles contenant chacune un ou 2 pépins.
Phénologie (Science du paraître) D’abord branche de la météo qui s’occupe de l’influence des climats sur la végétation. Étude de la chronologie des stades de la vie végétale en relation avec le climat.
Ploïdie : Stock chromosomique. Combinaison des chromosomes. Quand ils sont assemblés par deux, la variété est dite bi ploïde ou diploïde). Par trois, elle est appelée triploïdie. La qualité du pollen et la fécondité sont diminuées dans le cas des variétés triploïdes.
Pubescent (pubes, pubis, puberté) : poilu, velu ou velouté.
Squameux (écaille), écailleux.
Vigueur : La vigueur est appréciée par la mesure de la circonférence du tronc à 20 cm au-dessus du point de greffe

heimdall
22/09/2011, 16h16
Petite rectification à propos des "pommiers" dans l'antiquité. Aujourd'hui on associe "Malus" au pommier car c'est le nom de genre scientifique que lui a donné Philip Miller en 1754.
A l'époque romaine "Malus" était le nom du pommier, mais aussi du grenadier (Malus punica, la pomme de Carthage) et du cédratier (Malus cetreum, pomme de cèdre, pomme de Médie). En clair un certain nombre d'arbres à gros fruits charnus.
Autrefois ils ne faisaient pas non plus vraiment la distinction scientifique entre les cerisiers et cornouillers, et entre l'aulne et la bourdaine.

Pour ce qui est du mythe du pommier au jardin d'Eden, c'est une image médiévale car la bible ne fait pas mention de l'espèce. On sait cependant que les mythes judéo-chrétiens et celtico-germaniques ont une origine commune indo-européenne. En effet le proche-orient a été envahi entre autre par les Cimmériens et les scythes (peuples "germaniques") durant l'antiquité. Comment ne pas rapprocher le jardin d'Idunn du jardin d'Eden.

Bref j'espère ne pas avoir fait trop compliqué.

Sand2Bx
22/09/2011, 16h53
C'était juste un extrait du Dictionnaire de pomologie de M Leroy. On en sait certainement plus actuellement, il a fait avec son savoir d époque. ;)
Tu as bien fait de rectifier et non, ce n'est pas très compliqué à comprendre.

Jojoestdanslejardin
22/09/2011, 17h57
Je me coucherai moins idiot ce soir... :)

Merci vous deux. ;)