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jeudi 22 octobre 2020 Menu

Les botanistes français à l'honneur

écrit par
Buddleja davidii

Davidii, Franchetii, Delavayi…

Ces curieux noms, dans la dénomination botanique des plantes, sont dérivé des botanistes Français qui les ont découverts ou étudiés.


Adrien René Franchet

Il est un botaniste français, né en 1834 et mort en 1900.
Il se spécialise sur les flores de Chine, du Japon et du Loir-et-Cher. Pour ses recherches sur les flores asiatiques, il se base sur les collections rassemblées par Armand David (1826-1900), Pierre Jean Marie Delavay (1834-1895), Paul Guillaume Farges (1844-1912).

Cotoneaster franchetii : Cotonéaster de Franchet


Jean Marie Delavay

 
Le père Jean Marie Delavay est un missionnaire des Missions Étrangères de Paris, botaniste et grand collecteur de plantes en Chine. Né à Abondance en Haute-Savoie en 1834 et mort en Chine 1895.
Il rassembla une des collections botaniques les plus importantes de la fin du XIXe siècle, dans une région limitée du Yunnan pour le compte du Muséum national d’histoire naturelle.
De nombreuses espèces lui ont été dédiées comme :

lncarvillea delavayi, Abies delavayi, Clethra delavayi, Geranium delavayi, Lonicera delavayi, Magnolia delavayi, Meconopsis delavayi, Osmanthus delavayi, Paeonia delavayi, Philadelphus delavayi, Pyrus delavayi, Schefflera delavayi, Thalictrum delavayi, Wikstroemia delavayi…


Paul Guillaume Farges

Le père Paul Guillaume Farges (1844-1912) était un missionnaire et botaniste français. Envoyé en Chine en 1867, il sera basé à Chongqing de 1892 jusqu’à sa mort.
Il a collecté plus de 4 000 spécimens de plantes, dont de nombreuses nouvelles espèces, qui furent envoyés au Muséum national d’histoire naturelle de Paris où Adrien René Franchet les a ensuite dénommés et décrits.
Son nom a été attribué à plusieurs plantes dont Abies fargesii, Corylus fargesii, Decaisnea fargesii, Salix fargesii ou Rhododendron fargesii.
Le genre de bambou Fargesia a notamment été nommé ainsi en son honneur.


Armand David

Né le 27 septembre 1826 à Espelette près de Bayonne et mort à Paris le 10 novembre 1900, est un missionnaire lazariste français, zoologiste et botaniste éminent.

Il collecta animaux, plantes, roches et fossiles en Chine pour le compte du Muséum d’histoire naturelle de Paris.

Environ 70 noms scientifiques d’espèces de plantes lui sont dédiés et un nom de genre Davidia a été créé tout exprès pour classer l’arbre aux mouchoirs.   

Après deux années passées au Grand Séminaire de Bayonne, Armand se rend à Paris en 1848 pour faire son noviciat à la Société des prêtres de la Mission. Cette congrégation créée par Saint Vincent de Paul en 1625, envoie les prêtres, qualifiés de lazaristes, en mission pour évangéliser les pauvres dans les campagnes ou les pays lointains.
La discipline est très sévère et demande une obéissance absolue. Lorsqu’il prononce ses vœux en novembre 1850, il rêve de mission dans des pays lointains mais c’est finalement en Italie, au Collège lazariste de Savone près de Gênes qu’il est envoyé pour enseigner les sciences naturelles.
Il y passera dix années très agréables qu’il met à profit pour parfaire ses connaissances dans les sciences de la nature.

Avec ses élèves, il constitue des collections scientifiques et apprend les techniques de la taxidermie. Il en était presque venu à oublier ses rêves de mission dans le Céleste Empire, quand en 1861, le zoologiste Henri Milne-Edwards**, administrateur du Muséum d’histoire naturelle de Paris, sollicite l’aide des missionnaires pour inventorier les espèces animales et végétales de Chine, à cette époque encore très mal connues.

En 1862, le père Armand David est désigné pour la mission à Pékin.

Il poussa ses explorations dans les montagnes de l’Ouest en 1863 puis du côté de la Résidence Impériale de Jehol près de Chengde, à 260 km au nord-est de Pékin.

Chaque expédition était suivie d’envois au Muséum de Paris où les naturalistes furent tout de suite surpris par leur qualité.

« Nous avons trouvé dans le père Armand David un correspondant non moins actif qu’éclairé, écrit le professeur Milne-Edwards en septembre 1864. Il a fait au Musée plusieurs envois considérables et l’intérêt des objets qu’il nous adresse est rehaussé par les notes dont il les accompagne. »

Le Muséum fit des démarches auprès du Supérieur général des Lazaristes pour qu’il autorise le père David à faire pendant plusieurs années des explorations dans les régions les moins connues de l’Empire avec un financement public du Ministère de l’instruction publique.
Quelques espèces remarquables envoyées : l’écureuil gris-cendré (Sciurus davidianus), le cerf-chameau (Cervus cameloides) et bien d’autres, mais c’est l’énigmatique cerf du père David (Elaphurus davidianus) qui retient le plus l’attention.
Ce cervidé est nommé par les Chinois sì bù xiàng, « les quatre caractères qui ne conviennent pas » parce que cet animal avait les bois d’un cerf, le cou d’un chameau, le pied d’une vache et la queue d’un âne.
Pour ajouter au mystère, l’animal, pratiquement disparu à l’état sauvage, était gardé par des soldats tatars dans le parc impérial de chasse de Nanhaizi à une lieue au sud de Pékin.

Encouragé par ces premiers succès, le père David va mener dans les années 1866-1874 trois grandes expéditions naturalistes dans les profondeurs de la Chine: en 1866, un voyage de sept mois en Mongolie méridionale en 1868-1870, une exploration de la Chine centrale et du Tibet oriental (Sichuan) en 1872-1874, un voyage à travers les monts Qinling (Shaanxi), le Hubei, le Jiangxi, le Fujian et le Zhijiang.

L’exploration de la Mongolie méridionale, mars-oct. 1866

Bien que la végétation de ces contrées désertiques soit assez pauvre, il fait quelques récoltes intéressantes.

« Je note une Ancolie à fleurs vertes (Aquilegia viridiflora) qui abonde, une jolie légumineuse à fleurs rouge sang (Lessertia) ; une sorte de Sophora herbacé à nombreuses fleurs blanches très odorantes etc… J’ai récolté aussi de bons fruits d’un Rosier à fleurs jaunes. Mais en somme, la végétation de l’Ourato est assez pauvre »

Jiangxi (Chine centrale) L’exploration de la Chine centrale et du Tibet oriental (26 mai 1868 – 24 juin 1870).

L’ampleur du travail accompli durant ce séjour forcé peut se juger par cette lettre où il dit « Je me hâte… de terminer l’emballage de mes collections que j’expédie pour le Jardin des Plantes de Paris,…Elles consistent en une dizaine de mammifères, une trentaine d’espèces d’oiseaux, entre 50 ou 60 espèces de poissons ou de reptiles. Le nombre d’espèces de Coléoptères monte à 335, il y a 100 espèces d’Hémiptères….Soit en tout 630 espèces d’insectes. L’herbier ne compte qu’environ 200 espèces de plantes. Voilà, avec quelques coquilles et quelques autres objets, quelles ont été mes acquisitions dans cette première étape forcée du Kiangsi »

Tibet oriental

Comme à son habitude, ses collectes de spécimens de mammifères, d’oiseaux, d’insectes, de plantes sont remarquables tant par le nombre que la qualité. Il distingue à cette époque sept espèces différentes de rhododendrons ; il en trouvera en tout plus d’une douzaine. Mais la renommée du père David tient essentiellement à quelques grandes découvertes comme celle du Panda géant, du Macaque au nez retroussé (Rhinopithecus roxellana) et de l’arbre aux mouchoirs (Davidia involucrata).
il ne peut « résister à la tentation de faire une rapide excursion vers le Kokonoor, avant de laisser pour jamais ces pays ». De ce petit crochet en direction des plateaux du Qinghai (déc. 1869-mars 1870), il rapportera encore une découverte majeur : la Grande Salamandre Chinoise (Andrias) L’exploration allant des monts Qinling au Jiangxi (2 octobre 1872 - 5 avril 1874), il décide donc d’aller explorer les monts Qinling au sud de Xi’an. C’est aussi une barrière climatique qui sépare les zones de climat tempéré au nord de celles de climat subtropical du sud. Sa situation frontalière en fait une zone où la végétation et la faune sont particulièrement riches.

À son retour à Paris, le père David s’installe dans la Maison-mère rue de Sèvres. Il y passera ses dernières années à mettre au propre toutes les notes scientifiques rapportées de Chine et à donner des cours aux séminaristes. Il s’attèlera aussi à une tâche qui lui a toujours beaucoup tenue à cœur : constituer un cabinet d’histoire naturelle. C’est le troisième qu’il crée, après celui de Savone en Italie et celui de Peitang à Pékin.

En 1875, il publie chez Hachette en deux gros volumes, le « Journal de son troisième voyage d’exploration dans l’empire chinois ». Deux ans plus tard, il sort une œuvre magistrale sur l’avifaune chinoise « Les Oiseaux de Chine ».

Après une vie très aventureuse et bien remplie en Chine, il coule des jours paisibles à Paris, à peine interrompus par quelques voyages naturalistes (en Tunisie en 1881 et à Istanbul en 1883) et une conférence au Congrès scientifique catholique le 8 avril 1888, où il se fait copieusement huer pour avoir défendu l’évolutionnisme darwinien. Il s’éteint le 10 novembre 1900 à Paris.

Les envois par A. David de spécimens de plantes et d’animaux au Muséum d’histoire naturelle de Paris sont tout à fait considérables. Emmanuel Boutan qui en a effectué le recensement a trouvé 2 919 spécimens de plantes, 9 569 d’insectes, arachnides et crustacés, 1 332 d’oiseaux et 595 de mammifères.

Les listes des arbres et plantes rencontrés par David en Mongolie méridionale, dans la région de Pékin, dans les monts Qinling ou dans le Tibet oriental permettent de constituer les premiers éléments d’une phytogéographie de la Chine. Malheureusement ces informations sont dispersées dans ses trois récits d’expédition et personne n’en a fait la synthèse.
L’herbier collecté à Moupin dans l’actuel Sichuan est des plus intéressant par le caractère himalayen de la flore et par le grand nombre d’espèces nouvelles trouvées (environ 150) . Il y a le célèbre arbre aux mouchoirs (Davidia involucrata) qui a nécessité la création d’un genre nouveau et on ne compte pas toutes les espèces en moupinensis (Cotoneaster moupinensis, une primevère Primula moupinensis, un fraisier (Fragaria moupinensis), un saule (Salix moupinensis), Carex moupinensis, une violette (Viola moupinensis), etc. ; tous décrits par Franchet ou en davidii (Viola davidii, etc).
Il a découvert de nombreux rhododendrons, tous décrits aussi par Franchet : Rhododendron brachyanthum Franchet, R. sulfureum, R. ciliicalyx, R. aureum, R. heliolepis, R. rubiginosum, R. dendrocharis, R. moupinense, R. lutescens, R. rigidum, R. polylepis, R. siderophyllum, etc.

Parmi les autres célébrités citons : Érable à peau de serpent (Acer davidii), Buddleia du Père David (Buddleja davidii), Viburnum de Davis (Viburnum davidii), Lis de David (Lilium davidii), Rhododendron aureum, Rhododendron ciliicalyx.

** Henri Milne Edwards (connu aussi sous le nom de Milne-Edwards), né le 23 octobre 1800 à Bruges et mort le 29 juillet 1885 à Paris, est un zoologiste français.

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