Faire pousser des fleurs au milieu du potager, du verger et dans tous les massifs, c’est beau et c’est aussi très efficace contre les insectes ravageurs ! Parmi toutes les familles favorables aux insectes, les apiacées (ex ombellifères) et les astéracées (ex composées) sont deux familles à privilégier.
Comment ça marche ?
Dans leur environnement naturel, les ravageurs font rarement de gros dégâts. Dès qu’ils se multiplient un peu trop, d’autres insectes (appelés prédateurs) comme par exemple les syrphes ou les cécidomyies viennent pondre dans les larves et les parasiter. Les cédidomyies parasitent, des thrips, des aleurodes, des cochenilles… Au nombre de ces auxiliaires, on compte aussi les coccinelles, les ichneumons (guêpes parasites), les tachinaires (mouches parasites). Tout ce petit monde de l’herbe s’organise et se régule, pour peu qu’on leur fournisse quelques fleurs pour se nourrir et des herbes creuses pour s’abriter en hiver.
Des hôtes privilégiés
Ces plantes de la famille de la carotte sauvage (ex ombellifères) ont toutes en commun la forme de fleur en ombelle qui constitue un superbe terrain d’atterrissage pour insecte. En plus, la petitesse des fleurs et la longueur des floraisons en font un aliment de choix pour les insectes.
Quant aux astéracées, elles comprennent aussi un grand nombre d’espèces sauvages et cultivées dont la durée de floraison s’étale jusqu’aux gelées. Tout commence par les pissenlits puis viennent les pâquerettes, marguerites, zinnias, soucis, centaurées, rudbeckias, cosmos, tournesols… Seul le froid interrompt souvent la floraison des asters et des dahlias. Pour les insectes cela signifie une fourniture continue de pollen et de nectar.
Comment faire ?
N’éliminez pas les apiacées sauvages (carotte sauvage, achillée millefeuilles…), et semez abondamment du persil, du fenouil, de l’aneth, du panais, du coriandre… Si vous ne souhaitez pas les voir se ressemer dans le jardin d’une année sur l’autre, il suffit de couper les fleurs après la floraison et avant la formation des graines. Cultivez des astéracées dans vos massifs sous forme vivaces (reines marguerites, asters, …) ou sous forme de graines (cosmos..), de bulbes (dahlias), de plants (tagetes…). Ces dernières ont en plus un effet nettoyant vis à vis des nématodes !
Vous pouvez aussi semer des mélanges fleuries spéciales auxiliaires. Elles en contiennent une large proportion. Mais attention, les insectes auxiliaires ne réduisent les ravageurs indésirables que jusqu’à quelques mètres alors n’hésitez pas à multiplier les emplacements. Votre jardin n’en sera que plus sain et plus fleuri !
Pour en savoir plus :
Plantes compagnes au potager Bio de Jean-Paul Thorez et Sandra Lefrançois aux éditions terre vivante, mars 2010